dimanche 5 septembre 2021

Les annonces de Macron à Marseille, alors quoi ?

La récente annonce à Marseille par le Président de la République de sa volonté d'expérimenter le "recrutement" des enseignants par les Directeurs d'école de cinquante écoles fait couler pas mal d'encre, et personne ne sait trop quoi en penser, les Directrices et Directeurs d'école les premiers.


Il faut dire que plusieurs choses se télescopent dans cette annonce :

  1. l'état désastreux des écoles de Marseille - et de ses équipements publics en général, d'ailleurs, sans parler de l'état de la ville elle-même - ;
  2. la campagne électorale clairement affichée de M. Macron ;
  3. la "loi Rilhac" qui revient à la Chambre le 20 septembre prochain et dont plus personne ne sait ce qu'il y a dedans, ni ce qui n'y est pas ;
  4. la rentrée des classes dans un atmosphère de fin du monde avec des protocoles encore lourdingues et des personnels inquiets ...

La rentrée syndicale n'arrange rien, et ces annonces prennent de court tout le monde, d'autant que les rencontres entre partenaires sociaux n'ont pas encore eu lieu bien que prévues prochainement. Bref, disons-le clairement, le Président de la République s'est créé un effet d'aubaine totalement inattendu qui déstabilise tous ceux qui auraient leur mot à dire.

Je passe sur le premier point. Je me demande simplement pourquoi pendant cinquante ans les marseillais n'ont élu que des gens qui ont laissé tomber les équipements publics en déshérence. Une nouvelle équipe est arrivée qui a saisi la question à bras le corps et l'a clamée à tous vents, ce qu'il fallait faire et je les en félicite, et ce sera l'honneur de l'Etat d'intervenir dans la mesure de ses moyens pour tenter de sauver une des plus vieille cité de notre pays. Mais quand même... où est passé tout cet argent pendant cinquante ans ?

Le deuxième point m'exaspère évidemment, mais que fallait-il attendre d'autre quand Chirac a fait passer à cinq ans le mandat présidentiel ? Il y avait certainement d'autres possibilités de changement. Passons.

La loi Rilhac est pour l'instant dans les limbes, mais n'apportera pas grand changement. Ce sera toujours quelque chose, loin de ce que j'imagine depuis quinze ans au moins, mais un début de reconnaissance de la singularité du métier de Directeur d'école... peut-être. Moi qui réclame un statut de Directeur d'école avec des droits et plus seulement des devoirs, avec un statut clair lui permettant d'assumer légalement ses responsabilités, un salaire à la hauteur de ces dernières, et la création d'établissements du primaire, je reste sur ma faim.

Enfin la gestion du COVID... j'aime autant me taire, tiens.

Alors cette annonce, que faut-il en penser ? Je comprends l'exaspération des Directeurs de Marseille, qui attendaient autre chose, comme d'abord la possibilité simple de travailler dans des écoles aux locaux adaptés, propres, équipés, et non dans des écoles qui s'effondrent et où les rats pullulent. Je comprends le désarroi des syndicats réformistes  et des Directeurs qui ne voient pas comment cette possibilité de créer pour les enseignants des postes à profil va les aider à mieux gérer leurs écoles. Car enfin si chacun convient qu'il serait mieux d'avoir dans les écoles nécessiteuses des enseignants volontaires et non des débutants nommés à leur corps défendant, comment imaginer qu'il y aura des candidats enthousiastes si aucune incitation réelle ne leur est proposée ? Effectifs réduits, équipements des classes et des écoles, primes élevées, passages d'échelons accélérés, etc. Je crains fort que, dans l'état, ce souhait présidentiel ne se heurte qu'à la cruelle réalité d'un système sclérosé qui ne sait pas passer outre ses vieilles lunes - y compris administratives et institutionnelles -. Entre un vœu pieux et une réelle volonté d'agir le fossé est en France gigantesque, là où d'autres nations ont su faire un aggiornamento salutaire et totalement rénover leur système éducatif, avec succès.

Et puis évidemment il y a le reste des écoles. Même si je peux croire qu'il s'agisse d'une expérimentation, s'arrêter aux écoles REP de Marseille est forcément peu enthousiasmant pour les Directrices et Directeurs d'école du reste de la ville comme du reste du pays, dont beaucoup ne sont guère mieux lotis. Je veux le dire franchement : les expériences, y'en a marre ! Comme si personne ne savait ce qui est nécessaire ! Faire des Directeurs de vrais pilotes reconnus et bien traités n'est que la partie émergée - mais nécessaire - d'un iceberg autrement plus dangereux, celui de l'abandon institutionnel dont les français eux-mêmes dans le dernier numéro de Challenges montrent qu'ils en sont clairement conscients, puisqu'ils estiment l'état de notre système éducatif comme la première cause du déclin français sur la scène internationale. Sans un investissement politique et financier massif dans l'éducation il n'est plus possible aujourd'hui de s'en tirer, les enseignants de tous niveaux auront beau faire comme d'habitude de leur mieux les choses ne pourront aller qu'en empirant. Alors c'est vrai que la campagne présidentielle, on s'en tape.

Cette annonce est donc un épiphénomène. Si ça sert les Directeurs, si ça aide un peu, si ça fait avancer le schmilblick, tant mieux. Si ça capote comme je le crois dans les circonstances actuelles, ben ça capotera. Mais de toute manière il ne faut pas croire que ça va changer le système. Il n'est pas non plus utile de s'exciter pour ou contre, nous en avons vu d'autres qui ne nous ont guère fait avancer.

Je me demande quand même ce que mes petits-enfants vont subir.




lundi 26 juillet 2021

Des français sado-maso ?

Je suis profondément déprimé par les mesures sanitaires votées et bientôt applicables. La vaccination m'importe peu en elle-même, ce sont les mesures prises et ce qu'elles impliquent de renoncement de la part des français qui me désespèrent.


Je veux être clair : la vaccination fut un pas de géant pour la santé. Ses grands succès sont incontestables : éradication de la variole, quasi-disparition de la tuberculose dans les pays où le BCG est une obligation, lutte réussie contre la diphtérie, l'abominable poliomyélite, bientôt la rougeole (ou on peu l'espérer)...


Je ne parlerai donc qu'à peine de la maladie en cours. N'oublions tout de même pas qu'il s'agit d'une expérimentation vaccinale à grande échelle inédite dans l’histoire de la médecine. Le rapport final de l’étude clinique sera remis en... décembre 2023 ! Je cite Philippe Ségur :


" Compte tenu des nombreuses incertitudes qui pèseront jusqu’à la fin des essais sur les vaccins anti-covid, s’il est légitime de laisser aux volontaires, en particulier aux personnes vulnérables, la possibilité de les recevoir en toute connaissance de cause, il paraîtrait contraire au droit en vigueur et aux principes qui fondent notre système libéral de vouloir les imposer à tous les citoyens. "


Je veux juste déplorer qu'aujourd'hui les français puissent considérer comme normal d'être surveillés, pistés, d'avoir à démontrer leur état de santé - ne serait-ce que pour aller boire un verre en terrasse - en exhibant à un tiers une partie de leur dossier médical pourtant confidentiel. Pire, ils en sont fiers, le réclament, conspuent celles ou ceux qui ne peuvent le faire sans se poser la question de leurs raisons qui peuvent être fort bonnes de ne pas s'être fait piquer. Je m'attends presque pour bientôt à des milices citoyennes pourchassant de leur vindicte leurs concitoyens réfractaires... J'exagère ? Il suffit de lire les commentaires guerriers nauséeux qui pullulent au pied de chaque article de presse, personnellement ils ne me réjouissent pas. La résurrection de la peine de mort est pour quand ?


Les pudeurs de jeune fille de ces dernières années quand à la surveillance exercée par les GAFA me fait aujourd'hui bien marrer. Jamais Facebook ou Google n'auraient imaginé aller jusque là où va aujourd'hui notre propre gouvernement. La santé des français a bon dos.


Les fichiers créés pour faciliter la gestion des cas-contacts, par exemple, sont effarants. La CNIL et le Conseil d'Etat les avait autorisés, tout comme le "passe sanitaire", parce que leur portée était strictement limité, y compris dans le temps. Voilà des portes enfoncées depuis longtemps sous prétexte d'un état d'urgence qui perdure sans vraiment que j'en comprenne la raison. Cela devient habituel, plus personne ne s'en préoccupe sauf quelques réfractaires - j'en suis - qui voient plus loin que le bout de leur nez, mais sont moqués et vilipendés par nos gouvernants, nos élus, nos représentants, considérés au mieux comme des complotistes, au pire comme des imbéciles dangereux, alors qu'ils ne font que défendre les principes fondamentaux de notre démocratie et les droits imprescriptibles de l'individu.


Yoann Nabat :


" Plus fondamentalement, ces systèmes apparaissent avant tout comme des outils de contrôle et de surveillance des individus, à un niveau sans doute rarement égalé dans nos sociétés modernes, au moins à une aussi large échelle. La très récente généralisation du passe sanitaire à de nombreux lieux culturels ou de vie sociale systématise ainsi l’idée d’un contrôle inédit, car mise en œuvre essentiellement par ceux qui ne disposent habituellement pas de ce pouvoir (gérants ou directeurs d’établissements par exemple) et donc par les citoyens eux-mêmes. La « société de vigilance » trouve ici peut-être une nouvelle traduction. L’espace public perd encore un peu plus de son anonymat. "


C'est le principe de la grenouille et de l'eau chaude. Quand les français réaliseront - s'ils le font - qu'ils sont ébouillantés il sera certainement trop tard. Mais non, ils le veulent, le réclament, l'exigent pour autrui. Mon pays sombre dans le masochisme imposé, s'y complait, et comme juste vise à essayer certaines formes de sadisme.


Je déplorais il y a quelques années les "principes de précaution" qui nous faisaient faire n'importe quoi. Nous l'avons poussé très loin... et ça me fait peur. Je vois peu à peu depuis quinze ans, et plus encore ces dernières années, mon pays se transformer en une société à la Orwell, auto-surveillée avec l'approbation des foules, dans laquelle ce que j'appelle moi la Liberté - de penser, d'agir, de se déplacer, de parler - devient une transgression ou un délit honteux forcément punissable. Je n'en veux pas !




lundi 9 juillet 2018

J'ai décidé de vous laisser grandir...

La fin d'une année scolaire porte toujours un lot étrange de sensations et de sentiments. La sensation d'abord bien sûr d'être libéré d'un poids immense, mais aussi un curieux sentiment de nostalgie. Je ne parle pas de la charge de la direction d'une école, qui elle restera présente en arrière-plan tout au long des vacances, mais de celle de mes élèves. Chargé de classe à temps plein, je ne peux pas m'abstraire de la responsabilité qui m'est donnée d'accompagner chaque année une trentaine de loupiotes et loupiots avides.

Cette avidité prend des formes différentes selon l'enfant qu'elle concerne. A l'âge qu'ont mes élèves, soit entre quatre et six ans, ils ont autant envie d'apprendre que besoin d'être écoutés, aimés, et aussi de bouger, courir, s'exprimer physiquement et oralement, de crier parfois. Qui ne connait pas la petite enfance ne peut pas comprendre la vampirisation qu'opère un petit, l'énergie qu'il draine, la pompe physique et intellectuelle qu'il représente.

Quand ils "arrivent" dans ma classe, la plupart ne me connait que très peu. Si je rends souvent visite aux autres classes - du moins le plus qu'il m'est possible -, s'ils m'ont "pratiqué" de temps à autre lors d'activités collectives quand je dirige la chorale de l'école ou lorsqu'hélas le Directeur que je suis doit les disputer à l'occasion d'un déplacement ou d'une des rares récréations communes, en réalité les enfants de l'école ne savent pas vraiment qui je suis. Alors ils ont peur. Ou plutôt ils ressentent un mélange de crainte et d'envie : l'envie de venir dans ma classe - il y a des ordinateurs... c'est la classe des "Grands"... il s'y passe sûrement des choses étonnantes ! -, et la crainte de l'homme que je suis. Oui, un homme dans le primaire c'est rare, ne parlons même plus de l'école maternelle dont le nom simplement ne porte guère d'ambiguïté. Que de fantasmes pour ces petits ! Car si nous appelons nos élèves les plus âgés les "Grands", ce sont bien des petits en réalité. Ils ont chacun leur personnalité déjà, ce sont des individus à part entière avec leurs attitudes, leurs compétences, leur comportement propre. Leur page n'est plus vierge. Pour autant tout un livre reste à écrire.

Ils comprennent vite qui je suis. Je braille quand c'est nécessaire (une petite disait, à l'occasion d'une admonestation collective dans le couloir, "Pa'cal y rou'pète!"). Je suis aussi souriant, et volontiers blagueur... C'est souvent que je les provoque avec une plaisanterie, certains rapidement n'hésitent pas à me "charrier" à bon escient, et nous rions tous ensemble plus qu'à notre tour. Oui, l'homme que je suis accepte volontiers de câliner lorsque c'est nécessaire, ils sont vite rassurés sur ce point, je suis consolateur parce qu'une peine enfantine est trop importante pour rester ignorée. Et puis il y a le travail... Ah, le travail ! Ils apprennent en à peine plus de temps qu'il en faut pour l'écrire que je suis exigeant dans le travail, qu'ils feront chaque jour de la lecture et des maths et du graphisme ou de l'écriture, que c'est important d'apprendre et de savoir faire, que j'exige qu'ils écoutent mes explications, que l'erreur est normale et fait partie du processus, que j'accepte les hésitations mais qu'il est nécessaire de "se lancer" même si on est dans l'incertitude, que je donne un coup de main quand vraiment on en a besoin, que recommencer son travail n'est pas une punition mais une des conditions de la réussite... Je n'ai aucun boulot raté, je n'ai que des manipulations et des travaux réussis, parce que les enfants et moi nous en donnons les moyens à la mesure des besoins de chacun.

Autant vous dire qu'à la sortie de fin d'après-midi le maître n'a plus de jus. Les enfants non plus. Mais il est rare que je ne sois pas satisfait. Les enfants, eux, grandissent. Ils le sentent, ils le savent. Ils apprennent leur métier d'élève et après quelques semaines, quelques mois, ils le maîtrisent, chacun à son rythme.

Alors la fin de l'année porte ce sentiment bizarre et contradictoire d'accomplissement, de regret mais de soulagement d'avoir terminé, et la nostalgie de les voir partir alors qu'on est trop content qu'ils le fassent ! Vous êtes trop grands maintenant, il vous faut aller votre chemin, continuer ce parcours difficile, voir d'autres personnes et d'autres organisations, continuer votre apprentissage, grandir, grandir, grandir...

Depuis que nous avons visité la classe de CP le comportement des enfants a changé. Ils ont vu leur future maîtresse, ils sont revu leurs camarades qui avaient quitté l'école l'année précédente et qu'ils ont trouvés bien différents. C'est donc vrai que nous allons partir ? C'est donc vrai que nous allons quitter ce douillet cocon dans lequel nous passons le plus clair de notre temps depuis au moins trois ans ? C'est donc vrai que nous ne pourrons plus papoter à quatre ou cinq aux toilettes en faisant pipi ? Je me demande si quelques-uns n'envieraient pas les anciens Romains - s'ils les connaissaient - qui eux aussi transformaient leurs latrines en lieux de réunion.

Oui mais voilà : j'ai décidé de vous laisser partir, j'ai décidé de vous laisser grandir. Pour la plupart vous ne le savez pas encore mais vous le sentez bien : votre place n'est plus ici. Il vous faut autre chose, voir d'autres gens et d'autres fonctionnements, aller plus haut... Je le sens bien, moi, que le temps de la petite enfance est passé pour vous. Vous allez apprendre à lire - je sais, Léonie et Maxime savent déjà -, c'est un monde nouveau qui s'offre à vous, sur lequel vous devez vous précipiter avec la soif et la faim dont vous savez faire preuve.

Je vous aime trop pour avoir envie de vous retenir.

Vous m'aimez aussi, je le sais, vous n'avez pas cessé de me le montrer depuis cette visite au CP. Vous voulez que je vous prenne dans mes bras, vous me le dites - "Pascal, je t'aime, tu sais." -, vous grimpez sur mes genoux à deux ou trois, quitte à vous battre pour le faire, lorsque par malheur il m'arrive de m'asseoir quelque part. Cela s'est amplifié ces deux dernières semaines... "Ma" Laura, dont j'ai à peine entendu le son de la voix pendant deux ans qu'elle a été avec moi, me déclare soudain que "Pascal tu vas me manquer." avec un sourire merveilleux de lumière et d'affection. Même les enfants moins faciles, ou dans la difficulté déjà, me montrent qu'ils ont compris combien j'avais investi en eux pour qu'ils progressent. Ils en ont pris plein leur grade toute l'année, ils ont changé, ils ont appris, ils m'en sont gré.

Que pourrais-je demander de plus ? Avec la fatigue qui est la mienne, avec la lassitude que je ressens après quarante années de cet investissement, avec les problèmes physiques - nombreux - que je tais et l'usure, je reste aussi innocent chaque fin d'année comme je reste innocent chaque début d'année, comme j'accueille indifféremment X ou Y, fille ou garçon, que soient couleur de peau ou religion, facilités ou difficultés : chaque enfant est un monde en devenir, et on ne le ressent jamais plus qu'à l'école maternelle. Je ne souhaite toujours qu'une seule chose à mes élèves : qu'ils deviennent des adultes responsables, aimants, qu'ils fassent bénéficier chacun de leurs compétences et de leurs connaissances, qu'ils acquièrent et transmettent, qu'ils soient heureux ou presque, qu'ils aiment et soient aimés. Et puis que peut-être, dans un coin de leur mémoire, dans un coin de leur cœur, sans qu'ils sachent dire qui comment ni pourquoi, ils aient une pensée fugitive pour moi, qui sait ? Une pensée comme un prière sont des choses précieuses, des pierres rares qu'ils faut choyer, car aucune démonstration d'amour ne sera jamais vaine.



samedi 30 juin 2018

Et si on virait Blanquer ?

Je vais le dire clairement : nos syndicats n'ont pas de couilles.

 Oui, c'est une déclaration invraisemblable tant elle n'est pas dans le confort intellectuel et bien-pensant. En plus elle fait allusion à des attributs qu'il n'est pas bon de rappeler dans l'ambiance anti-sexiste du moment. Mais j'assume complètement, j'en ai marre des bons sentiments dont je vous rappelle qu'ils pavent l'enfer.

Nos syndicats sont tétanisés devant Blanquer. C'est ahurissant : Ce type est clairement un extrémiste de droite, il n'a aucune idée ni aucun velléité de faire avancer le schmilblick, il ne pense qu'à sa notoriété médiatique et à la vente de ses bouquins. Le degré zéro du néant.

Qu'a-t-il fait depuis un an ? Appliquer ce que le Président de la République - pour lequel j'avoue avoir beaucoup de respect - avait dit qu'il ferait avant son élection. Sinon ? Rien. le système est tout autant merdique, et les conditions de travail ne font qu'empirer. Nos élèves ? Il s'en fout royalement, et ce dernier terme est choisi avec escient parce qu'un belle guillotine virtuelle ne me déplairait pas.

J'ai rarement vu chez un ministre une telle absence de vue, si j'excepte Jack Lang qui nous a beaucoup fait rire jaune par son inexistence.

Alors pourquoi ne le virons-nous pas ? C'est pourtant facile de virer un ministre de l’Éducation nationale. Encore faudrait-il que les élections professionnelles - si angoissantes pour des syndicats attachés à leurs privilèges, leurs sièges, leurs décharges de service - ne soient pas en ligne de mire. Si j'en crois les courriels idiots que je reçois depuis six mois, c'est quand même leur fond de culotte que je tiens entre mes mains. Encore heureux que je n'aie pas à les torcher, je bosse en maternelle merci.

Je regrette profondément Mme Vallaud-Belkacem, qui fut la meilleure ministre que nous ayons eu depuis... pfouuuu... Si elle n'avait pas été pour la "droite" française un tel sujet de mépris, un tel sujet de désinformation et de mensonge... Elle fut toujours à l'écoute, avec honnêteté. Je ne peux m'empêcher de penser que le fond du dénigrement dont elle fut le sujet était une xénophobie latente, s'appeler Belkacem en France reste pour nos vieux connards de politiciens et peut-être pour une partie des Français fanatisés un handicap. Surtout dans une période de repli identitaire irraisonné et infondé.

Franchement, j'en ai marre. J'en ai marre d'être pris pour un con avec le boulot que je fais au plus près de mes élèves, de leur bien-être et de leur réussite. Alors être considéré comme une merde par un imbécile pourrait être une volupté de fin gourmet si cela ne faisait pas quatre décennies que c'était le cas.

Dehors Blanquer. Dehors le vilain. Dehors le m'as-tu-vu. Dehors l'inopérant. Dehors.

samedi 9 juin 2018

Les trois maux de L’Éducation nationale : passé fantasmé, animisme et pensée magique...

L’Éducation nationale en France souffre de trois maux majeurs, qu'elle enfante ou qu'on lui inflige, dans lesquels elle se complait parfois, trois maux qui sont autant d'obstacles à une réforme de l'institution pourtant indispensable : le passé fantasmé, l'animisme et la pensée magique.

Le Français possède la fâcheuse habitude de se construire de faux souvenirs de son enfance. Il faut dire qu'on l'y aide bien, les interférences rétroactives et la désinformation pullulent, les réseaux sociaux amplifient encore le phénomène. L'idée que "c'était mieux avant" (avant quoi? Avant qui?) est une idée commune qui n'a aucun fondement réel, que ce soit socialement, économiquement, pour la santé publique, pour l'enseignement en ce qui concerne mon propos. Le discours institutionnel lui-même se complait dans un passé fantasmé qui évite certainement d'affronter les vraies questions, celles qui sont cruciales pour la rénovation nécessaire de l'institution elle-même; il n'est question que de "retour": "revenir aux fondamentaux", "revenir à la syllabique", "retour de l'uniforme", "retour de la discipline"...

Que le mensonge soit conscient ou pas, les chiffres nous disent la vérité sur la qualité de notre enseignement : il y avait 1% de bacheliers dans la population française en 1900, 20% en 1970... et près de 77% en 2012.


D'autre part la proportion d'illettrés en France est plus parlante encore, car on écrit de mieux en mieux en France (tableau extrait d'une plaquette de l'Agence nationale de Lutte contre l'Illettrisme):


Et pourfendons au passage l'idée que l'illettrisme frappe plus les personnes d'origine étrangère - avec certainement une connotation xénophobe - :


Alors, ce "retour" ? Un retour à une époque proche (j'avais dix ans en 1971) où 80 % de la population ne possédait pas le baccalauréat , où 50 % des logements surpeuplés n'avaient pas de salle de bain et un cinquième même l'eau courante ? Je n'ai jamais regretté mon enfance, je n'ai jamais eu la moindre nostalgie d'une époque que pour rien au monde je ne voudrais revivre. Le vrai regret que semble recouvrir cette invraisemblable mélancolie me parait plutôt représenter le deuil difficile des "trente glorieuses", lorsque la France connaissait le plein emploi et que les progrès techniques ou évolutions sociales transformaient chaque année un peu plus la vie des Français. J'y vois aussi un recul effrayé devant une "modernité" que beaucoup des plus de quarante ans ont du mal à comprendre et à appréhender, avec une révolution galopante des moyens de communication, une peur irraisonnée et concomitante de l'avenir aussi face à un monde qui parait instable. Quand je pense que notre pays a inventé "les droits de l'homme" et fait trois révolutions ! Il faut admettre qu'on aide bien les Français à avoir peur, les politiques dont c'est l'intérêt et des médias qui n'ont rien d'autre à écrire se complaisent quotidiennement dans une description apocalyptique de ce qui nous attend... Une population abattue ne peut que se laisser mourir, ou du moins se laisser manipuler.

Comment dans ces conditions ne pas céder aux sirènes du passé fantasmé ? Surtout quand un ministre multiplie les entretiens médiatiques en racontant tout et n'importe quoi. C'était mieux avant... Non, c'était bien pire. Mais pour surtout ne rien changer il vaut mieux vanter les mérites d'un uniforme scolaire qui n'a jamais existé chez nous, ou fustiger "les écrans" ou le "téléphone mobile" comme il y a cinquante ans on fustigeait la télévision et accusait les Shadoks de Rouxel de pervertir la jeunesse.

Voilà bien de l'animisme. Quand le "ressenti" général est au désespoir les objets acquièrent une âme, qu'on peut idolâtrer ou diaboliser : les "écrans" abiment nos enfants qui ne vivent plus que dans un monde virtuel, le smartphone est une abomination qui faut bannir... Nos gouvernants se précipitent sur ces palliatifs pour détourner notre attention et persister dans le statu-quo : panem et circenses. Les Français abrutis de pain et de jeux laisseront perdurer ce merveilleux système de nomenklatura fonctionnariale qui ruine la Nation et sclérose un peu plus chaque jour nos institutions, l’Éducation nationale monstrueusement et pléthoriquement pyramidale (avec parait-il "un sujet horizontal à sa tête") en étant un des meilleurs exemples.

Il faut donc brûler ces objets qui détournent la jeunesse de je ne sais quoi, ou au contraire les en parer pour uniformiser cette masse enfantine et adolescente qu'on ne comprend pas. C'est amusant comme chaque époque ne comprend rien aux aspirations de ses enfants... Je suppose que Cro-Magnon devait se plaindre que "la jeunesse ne sait plus tailler un silex correctement, nom de nom !". Et puis "on n'a qu'à leur filer à tous la même peau de bête, tu verras, ça ira tout de suite mieux". Pensée magique ? Ce que je peux excuser de Cro-Magnon, j'ai plus de mal à le faire de mes contemporains.

Pour un ministre exprimer que l'abandon de la "méthode globale" résoudra tous les problèmes n'est pas un aveuglement car il sait pertinemment que celle-ci n'a quasiment jamais été utilisée. En revanche exprimer quotidiennement dans les magazines les plus invraisemblables que depuis qu'il est là tout va mieux et que ça ne peut aller qu'en s'améliorant, cela relève de la pensée magique. Mais le tout réuni permet de conforter chez les Français l'idée que les enseignants sont incompétents et freinent toute réforme, alors qu'ils sont les premiers à réclamer une rénovation profonde du pilotage du système. D'où certains sondages dans lesquels la première piste envisagée par la population pour les économies que pourrait faire l’État passe par une diminution drastique du nombre des fonctionnaires. A condition d'ailleurs qu'il ne soit pas directement impacté bien sûr, le Français moyen non seulement est incapable de raisonner, mais il est aussi schizophrène. Comme il est jaloux d'autrui, et d'un égocentrisme forcené.

Je peux utilement rappeler que la "pensée magique", si elle est d'après Freud une étape indispensable du développement du tout-petit, devient une pathologie lorsqu'elle persiste. Intelligemment utilisée, on voit qu'elle peut aussi être une arme. Je perçois aujourd'hui la vie présente de notre Nation comme une gigantesque cérémonie vaudou avec ses rituels, ses objets transitionnels, ses incantations, ses transes et ses sacrifices. Quand je pense que notre pays a inventé "les lumières"... Sans revenir à un culte de "la raison" dont on peut utilement se souvenir qu'il a amené un joyeux fonctionnement de la guillotine, j'aimerais néanmoins que les Français ramènent "l'adulte aux commandes", comme on dit en analyse transactionnelle, et que la pensée prenne le pas sur l'émotion. Sinon, croyez-moi, on est mal barré.

dimanche 14 janvier 2018

Je suis toujours là...

J'ai reçu un courriel inquiet de mon silence.

Je remercie beaucoup la personne qui me l'a envoyé. Et je tiens à la rassurer, je vais bien. Enfin, je vais bien...

Je ne suis ni malade, ni retraité (j'aimerais bien, je pourrais - avec une belle décote -). Non, je suis simplement las de ces batailles qui tous les trois ans doivent recommencer, parce que nous avons un nouveau Président, un nouveau gouvernement, un nouveau ministre avec ses propres lubies. Je suis fatigué aussi parce que depuis deux ans mes conditions de travail sont devenues difficiles pour ne pas écrire infernales. Je n'ai plus l'énergie d'écrire ici ou ailleurs alors que sortant de ma classe et de ma direction d'école je ne pense qu'à me coucher dans un canapé avec un bon bouquin, pour m'y endormir après dix minutes.

Me répéter encore et toujours m'est devenu illusoire.

Un autre truc qui m'a épuisé, ce sont les soubresauts du GDiD. Cette association dans laquelle je m'étais - un peu - investi tente de préserver ses acquis et c'est fort compliqué. Je ne mets aucunement en doute la conviction de ses dirigeants bénévoles, mais recommencer encore et  toujours pour les raisons expliquées plus haut... Je ne comprends même pas comment ils font, je suis pour tout dire assez admiratif. Il est vrai que les acquis de l'association sont si forts qu'aujourd'hui la plupart des syndicats ont repris les revendications du GDiD. En revanche, le ministère semble les ignorer. Bref, tout ça m'épuise l'intellect.

Alors écrire cent fois le même sempiternel billet... pour quoi faire? Convaincre les convaincus? Moquer les imbéciles? Ces derniers sont aujourd'hui trop nombreux, c'est un boulot sans fin, ni utilité.

Je ne veux pas dire que je ne reviendrai pas seriner mes plaintes. Mais me préserver est primordial. C'est aujourd'hui mon principal moteur. Je fêterai mes cinquante-sept ans dans quelques semaines, sans joie particulière. En plus je suis depuis peu grand-père d'un magnifique petit garçon - c'est le premier - dont l'arrivée et la présence emplie de vie et de potentiel comble de bonheur l'aïeul que soudain je suis devenu. Il existe une échelle dans les priorités d'un homme. Derrière mon petit-fils le ministre Blanquer est un épiphénomène dont même la longévité est si sujette à caution que je ne parierai pas un kopeck dessus. Alors pourquoi s'exciter? Je suis là depuis bientôt quarante ans pour presque moitié autant de ministres.

Je vous souhaite à tous, grands ou petits, tout le bonheur possible. La vie est compliquée, la mort est au bout et s'il est bien une chose dont on soit tous certains c'est bien celle-là! Nous avons le devoir de faire le maximum pour vivre au mieux malgré les douleurs et les épreuves, de transmettre à autrui, à nos enfants comme à ceux des autres pour ce qui nous concerne, le meilleur de ce qui nous construit et non le pire. Je ne demande rien sinon pour chacun de profiter au maximum des petits bonheurs les plus simples, de savoir se réjouir du moindre de ce que ce monde et les autres peuvent nous offrir de bon et de positif. Exultez au moindre rayon de soleil, au moindre sourire qui vous soit adressé, exaltez-vous du plus petit signe de reconnaissance, de la moindre bribe de vie que vous saurez attraper. Et surtout rendez! Rendez tout! Donnez à chacun un peu de ce que vous recevez, cela ne sera jamais à votre détriment et bien au contraire.

Ah ouais, j'ai un petit truc pour vous quand même :



samedi 1 juillet 2017

Les boucs émissaires...

Louise Tourret dans un récent article évoque avec son talent habituel les "vacances" des enseignants, et tente d'expliquer qu'elles sont toujours en grande partie studieuses. Elle ne sera évidemment pas lue par ceux qui le devraient, ce qui est bien dommage. Et puis, les aurait-elle convaincus? J'en doute fort, tant les enseignants sont depuis trente ans devenus les boucs émissaires de tout ce qui va mal dans notre société.

Lors de mon dernier Conseil d'école j'ai été pris à partie par un parent d'élève qui dans une attaque ad personam m'a affirmé haut et fort et avec agressivité que si ma classe cette année était une classe difficile c'était forcément de ma faute, de quelque manière que je m'y prenne. Cette génération nous aura pourri la vie durant trois ans dans notre école, tout aura été essayé sans que ça change, mais c'est bien entendu de notre responsabilité. C'est plus facile.

Dans un autre registre, le déficit prévisible des comptes de l’État souligné récemment par la Cour des comptes, organisme indispensable pour lequel j'ai un profond respect, est certainement de la faute des fonctionnaires. L’Éducation nationale étant le premier employeur d’Europe, la responsabilité de ces nantis d'enseignants est bien entendu évidente. Que les rapports de l'OCDE puissent nous prouver par A plus B que nous sommes les enseignants les moins bien rémunérés de toute l'OCDE n'est que billevesée face aux soucis de français. Il est donc facile pour un nouveau gouvernement qui bénéficie de l'aura d'un récent plébiscite de proposer comme première mesure d'économie de nous mettre à la diète. la priorité à l'éducation aura vécu.

Nantis, feignants, incompétents, que n'avons-nous pas entendu depuis tant d'années? Ces mots résonnent à mes oreilles depuis bientôt quarante ans. Pourquoi n'arrivons-nous donc pas à mieux nous défendre? Déjà il est difficile d'aller contre les poncifs complaisants martelés à longueur de temps depuis des lustres par une classe politique qui nous courtise tout autant qu'elle nous hait. Et nous sommes stupides, il faut bien l'écrire. Nos ailes ont été rognées depuis bien longtemps, nous sommes fatigués, las, et nous n'avons plus la force de nous battre. De plus nous continuons bêtement à faire confiance à nos élèves, nous voulons qu'ils réussissent tous malgré l'évidence que ce ne sera pas le cas. Nous sommes bienveillants, c'est peut-être un tort. Laisser croire aux petits français qu'ils peuvent tous accéder à des études supérieures est un leurre qui se heurte avec une violence inouïe à la réalité après le baccalauréat.

Et puis nous avons laissé entrer la société civile dans nos écoles, en trompant les parents d'élèves quant à leur rôle. Ils ne savent pas être parents et il faudrait qu'ils sachent être "parents d'élèves" ? Mauvaise plaisanterie. L'enfer est pavé de bonnes intentions. Je ne nie pas ma responsabilité dans ce processus, j'y ai naïvement cru. Je n'y crois plus, je m'en suis trop pris dans les dents, et je ne sais pas être cynique dans la vie réelle comme je peux l'être par écrit ici.

C'est ainsi que récemment un collègue du supérieur m'a raconté abasourdi qu'il lui arrivait maintenant de recevoir des parents d'étudiants, désespérés par la réalité des compétences de leur enfant. Que doit-il faire? Ses élèves sont adultes, ont 20 ou 22 ans, que peut-il se permettre de dire à des parents qui ne sont plus responsables civilement? Et puis surtout à ses yeux - il est jeune - le fond de ces interventions est ahurissant. Il a raison, c'est pleinement représentatif d'une époque et d'une société déboussolées.

Je vais essayer de tenir le coup jusqu'au bout de cette année scolaire qui n'en finit pas, malgré la fatigue et les coups. C'est difficile.

dimanche 25 juin 2017

On n'a pas de bol quand même, ou pauvre NVB...

Il y a comme un problème. Du moins je trouve, moi. Du haut de mon mètre 75 un peu tassé avec l'âge, j'ai du mal à admettre qu'on puisse tenir deux discours différents sans y voir aucune antinomie.



Je parle de notre nouveau gouvernement, ou de notre nouveau ministre, mais comme il semble que notre Président de la République étende ses ailes avec force et détermination au-dessus de ses oisillons apeurés, il est clair que les décisions viennent pour l'instant directement de l’Élysée.

Effectivement M. Macron avait dans ses promesses de campagne affirmé qu'il dédoublerait les classes de CP voire de CE1 des zones "difficiles", entendez les écoles en REP ou REP+ (au passage cette surenchère m'a toujours rendu ahuri, on dirait un sketch de Coluche, à quand les REP++ et +++ ? ). Pourquoi pas, dans l'absolu. Sauf que douze élèves c'est idiot parce qu'il n'existe aucune synergie dans la classe, sauf que les Directrices et Directeurs de ces écoles qu'ils gèrent au quotidien n'ont rien demandé en ce sens, sauf que la plupart préfèreraient avoir des sous qu'ils pourraient mettre là où ils en ont besoin, ou profiter de l'excellent dispositif  "Plus de maîtres que de classes" réclamé depuis plusieurs décennies et enfin réalisé par l'excellente Najat Vallaud-Belkacem qui ne méritait certainement pas ce qui lui est arrivé. Notons au passage que ce dispositif est celui employé dans les fameuses écoles finlandaises où il fait je l'espère plus frais qu'ici. Mais pour satisfaire une partie déprimante de son électorat le présent gouvernement veut balayer tout ce qui fut marqué du sceau de l’infamie NVB. Pov' Najat ! Et je ne moque pas, j'ai suffisamment écrit ici tout le bien que je pensais de cette femme. Si vous n'êtes pas content je vous tire la langue, na na nère, et il est temps que je parte en vacances parce que si je me mets à causer comme mes élèves...

On n'a pas de bol, quand même, dans l'Educ'Nat. Après François Hollande qui a voulu respecter sa promesse de campagne impromptue de créer soixante-mille postes d'enseignants lors du quinquennat, quitte à sacrifier ou handicaper tout le reste et tout ce qui pouvait faire progresser l'école d'une autre façon, voilà que M. Macron fait la même chose. Si les Présidents élus se mettent à respecter leurs promesses, où va-ton, bordel !

Parce que je trouve que ça fait désordre. Comment peut-on d'une main clamer son amour immodéré pour l'autonomie des écoles et des établissements, en faire un cheval de bataille, un alpha et un omega, et en même temps nous enfoncer dans la tête une telle épée de Damoclès, bureaucratique et institutionnelle, sans concertation ni sans se poser aucune question?

Parce que l'injonction est totale. Les moyens? On s'en fout! Les locaux? On s'en fout! Les municipalités? On s'en fout! Je peux écrire d'ailleurs exactement la même chose avec le fabuleux retour aux "quatre jours" qu'une masse incommensurable d'écoles va devoir appliquer dès septembre prochain. Il faut avouer que là Peillon - qui fait bien de se promener en péniche et de se faire oublier - avait fait une connerie monumentale, emporté lui aussi par ses certitudes sans concertation et son ostensible mépris pour les gens de terrain et les territoires. 

Comme d'habitude, ce sont les Directrices et Directeurs d'école, corvéables à merci, qui vont devoir trimer. Les fonctionnaires fonctionnent. Et attention! Il n'y aura aucun aménagement, on a dit douze, ce sera douze, démerdez-vous! Je ne doute pas une seconde que les recteurs et dasens aux abois sauront faire preuve de zèle et de diligence...

Est-ce que je suis coupable de trahison, ou de mauvais esprit, si j'écris que tout ça me gonfle profondément, et que j'en ai marre de toutes ces conneries? J'ai assez souvent exprimé que ce sont les agents de terrain qui savent le mieux ce qui convient à leurs élèves, dans leur commune. Mais bernique! Tous ces gens-là, arc-boutés sur leurs certitudes, s'en foutent tant ils croient le savoir mieux que nous.

Et merde à l’État jacobin.

jeudi 8 juin 2017

C'est trop facile, Monsieur le Ministre...

Lorsque M. le Premier Ministre vous a appelé à votre poste, M. Blanquer, le monde de l'éducation n'a pas manqué d'être inquiet. Effectivement, votre travail en tant que DGESCO il y a huit n'a pas vraiment laissé de bons souvenirs à notre communauté, en particulier  à l'école maternelle. Il avait par la suite fallu aux enseignants plusieurs années pour retrouver un peu de sérénité dans leur travail, malgré quelques autres changements pas tous bien venus.

Néanmoins nous nous disions que peut-être, désormais à la tête du ministère, vous auriez le souci de vos personnels, comme vous l'expliquiez dans un entretien avec "SOS Education" : "(...) tout le monde est conscient que toute réforme, même minime, peut épuiser le système tant ce dernier est à bout.(...)".

Vous avez donc fait quelques déclarations lénifiantes, expliquant qu'il n'y aurait pas de "réforme Blanquer", que vous vouliez y aller dans la douceur et la persuasion. Vous avez bien laissé échapper quelques mots désagréables susurrés par l'organisation susnommée, comme "pédagogisme" par exemple, avec le léger dédain qui s'impose. Mais cela pouvait être une maladresse.

Il ne vous aura néanmoins pas fallu plus d'un mois pour montrer votre vrai visage. Passe encore pour le dédoublement des classes de CP qui faisait partie du programme de M. Macron, même si nous avions bien compris qu'évidemment malgré vos dénégations ce seraient les enseignants du dispositif PDMQDC qui trinqueraient. Mais vous cumulez, en ce moment, les déclarations désagréables. Vous lancez des balises comme autant de signaux destinés à voir quelles seront les réactions du milieu enseignant ou des français en général : sur les rythmes scolaires, sur les redoublements, sur les devoirs forcément faits à l'école ou encadrés par des volontaires, sur...

Tout cela bien entendu vous le faites à votre gré, sans consultation des enseignants, sans chercher l'avis de ceux qui sur le terrain travaillent quotidiennement avec les enfants de ce pays. Vous foulez aux pieds avec allégresse des années d'investissement, de travail, d'organisation, des années de recherche. Certes par exemple la réforme des rythmes a été tout autant bâclée, mais justement vous aviez tout loisir de calmer les ardeurs et de suggérer d'emblée des méthodes de travail, au lieu de nous jeter ces changements au visage avec une brutalité étonnante. Car dans votre démarche pour vous agréger les maires de certaines communes françaises, vous oubliez volontairement ceux - notamment les Directeurs d'école organisateurs, gestionnaires, responsables - qui ont appliqué quotidiennement ces rythmes depuis plusieurs années, y ont beaucoup investi en temps et en énergie, même s'ils n'étaient pas forcément d'accord. Ce n'est pas l'idée de laisser les territoires choisir qui m'indispose, c'est la façon abrupte dont vous le faites, et votre choix délibéré d'ignorer les personnels.

Je ne crois pas au hasard. Votre ambition secrète est de démanteler ce ministère qui vous obsède. Vous l'aviez clairement expliqué dans l'entretien avec l'organe douteux que j'ai déjà cité : "(...) Le statut associatif permet déjà, en France, de faire beaucoup de choses. On pourrait accompagner des initiatives dans le futur, dès lors qu’elles sont clairement dans le cadre des objectifs de service public. Sans aller vers des logiques de privatisation, on peut aller vers des logiques de délégation, qui permettent d’accomplir mieux le service public en responsabilisant davantage des acteurs. (...)"  Je ne crois plus à votre volonté de construire, je crois de plus en plus à votre volonté de détruire.

Pire, car il y a pire, c'est aux médias que vous annoncez les choses, ou au hasard d'entretiens improvisés lors de vos déplacements. C'est forcément, évidemment, foncièrement délibéré de votre part. Les médias vous suivent qui n'y comprennent rien tant ils ont hâte de faire leur "une" de vos pseudo-confidences. Les sondages vous suivent aussi, les français sont des ânes en matière d'éducation et n'imaginent leur école que sous la forme qu'elle avait au XIXème siècle, ou qu'elle n'a jamais eue tant ce domaine relève du fantasme. Ce n'est plus du dédain, M. le Ministre, c'est du mépris pour les enseignants, c'est du mépris pour moi et mes presque quarante années d'investissement auprès de mes élèves. Je suis un bon fonctionnaire, M. le Ministre, je fonctionne et je continuerai à fonctionner. Mais ne me demandez ni enthousiasme ni rapidité. Votre expérience pourtant devrait vous avoir fait connaître la puissance de freinage du milieu enseignant. Je crains que n'ayez à y faire rapidement face. Certainement alors vous aurez beau jeu de dénigrer avec force le million de personnels qui travaillent sur le terrain... C'est vrai, M. le Ministre, c'est un jeu trop facile. Mais c'est un jeu que personne ne gagne jamais, et qui se joue au détriment de nos enfants.

Je ne crois pas une seconde, M. le Ministre, que vous soyez aveugle ou bête. Une fois que les élections législatives seront passées, il sera certainement temps de changer votre fusil d'épaule. Mais soyez néanmoins conscient qu'en à peine quatre semaines vous avez fait avec quelques mots, en donnant tant de gages à une vision médiocre de l'école, mille fois plus de mal que vous pouvez l'imaginer. Lever le doute sera désormais difficile.

dimanche 4 juin 2017

Vous allez voir ce que vous allez voir !

J'ai une étrange impression de déjà-vu. M. Blanquer, récent ministre de l’Éducation nationale, nous distille savamment à chaque entretien avec un journaliste une nouvelle annonce qui nous enfonce un peu plus dans l'incertitude. Moi qui n'aspire qu'à travailler dans la sérénité et sur le long terme, c'est râpé! Bien entendu, il ne s'agit pour M. Blanquer que de défaire ce qu'ont fait ses prédécesseurs, sans se poser aucunement la question de l'opportunité de procéder ainsi ni surtout de laisser le temps de faire un bilan quelconque de l'intérêt ou des inconvénients de la chose. Une pareille désinvolture est remarquable, mais elle n'est finalement que logique quand on se rappelle que M. Blanquer fut le bras armé de ministres détestés d'un Président de la République pourtant largement blackboulé. Moi qui exprimais des doutes dans un précédent billet où pourtant je souhaitais la bienvenue à notre nouveau ministre, je suis servi ! Nourriture et boissons, serviette et couverts, tout est compris dans le prix.


"Je ne serai pas le ministre de la réforme !" ... "Il n'y aura pas de Loi Blanquer !" ... Évidemment. Ce n'est plus du détricotage, c'est du démantèlement, à la scie circulaire et torche à plasma. Oh, d'accord, j'ai gueulé contre les rythmes scolaires parce qu'il était quasiment impossible de les aménager, et parce que je les pense totalement inadaptés à l'école maternelle et la petite enfance; j'agrée donc pleinement l'idée qu'il soit possible de les ajuster aux contraintes locales, après de saines discussions entre population, Conseils d'école et municipalités. J'applaudis même. Mais je déteste la façon dont ça se fait, surtout entre deux élections, un peu de la retape électorale quoi. Et puis la manière qu'ont certains élus de se précipiter là-dessus comme des morts-de-faim m'indispose. Certains plats ont parfois du mal à passer, la sauce est trop lourde, et on les mange trop vite.

Toujours est-il qu'en fin d'année scolaire faire des annonces de ce genre ne peut provoquer chez les enseignants qu'une vague de crises de foie. Ne pas savoir comment il va falloir préparer la rentrée, ni si les rythmes scolaires vont éventuellement changer, amène chez le petit Directeur que je suis un malaise certain. Ne parlons même pas de mes parents d'élèves ! Ils me posent quotidiennement des questions là-dessus, auxquelles je réponds qu'un "projet de décret" serait présenté au CSE le 8 juin, mais que pour l'instant il n'y a rien de posé nulle part, et que le pauvre fonctionnaire de base que je suis ne peut qu'attendre un décret et les instructions qui suivront. Fin juin? Juillet? C'est sympa pour réunir un Conseil d'école... Bref, sérénité envolée, doute installé, préoccupation, stress... Merci Monsieur le Ministre.

dimanche 28 mai 2017

L'autonomie de l'école, des Free Schools à un modèle français à construire...

La question de "l'autonomie" de l'école est à la mode, suite à quelques déclarations dont n'est pas avare notre nouveau ministre de l’Éducation nationale en attendant les élections législatives. Mais soyons honnêtes, elle est de toute façon dans l'air du temps et d'une imparable logique. Face à l'excessive centralisation du système français, son paradigme injonctif et ses résultats désastreux, on a beau jeu de regarder nos voisins et de constater qu'ils ont depuis belle lurette saisi le problème à bras le corps et adopté des tactiques dont l'objectif premier est de donner aux entités locales le maximum de liberté quant à leurs choix et leurs fonctionnements.

Il faudra un jour que quelque courageux politique sache faire fi et passer outre le désastreux passif anarcho-syndicaliste des enseignants français pour imposer les mesures de liberté qui s'imposent. Quand j'entends l'ahuri gaucho-insoumis en chef, adorateur de Chavez ou de Castro, hurler à la "destruction" de l'école, je rigole après avoir eu très peur lors des présidentielles. Ouf, fini le bonhomme, vu son âge on va bientôt pouvoir le placer et libérer les lieux pour un autre qui n'alliera pas poujadisme et trotskysme.... ni surtout pour l'école un positionnement statique mortifère qui consiste à surtout ne rien faire, quels que soient les besoins d'enfants nés après l'an 2001, dans une ère informatisée en évolution rapide, et qui en rien ne sont concernés par de quelconques nostalgies tant ils ont soif d'apprendre et de devenir des adultes responsables en utilisant nos nouveaux outils extraordinaires.

On peut ne pas aller jusqu'aux "Free schools" anglaises, symboles du libéralisme le plus total mais dans le bon sens du terme à mon avis, dont le bilan reste à tirer car cela ne fait guère que six ans que le système existe. Il s'en est ouvert 250 depuis 2010, et 500 de plus sont attendues d'ici à 2020 :

" (...) Les fondateurs de ces écoles, souvent de simples parents désireux d'innover, décident eux-mêmes de leurs principes de gestion et de pédagogie, en respectant les grandes lignes définies par l'Etat sur le contenu de l'enseignement et les critères d'admission. Libres à eux d'établir le nombre d'heures de cours, de choisir les matières enseignées (la lutte gréco-romaine, le mandarin, le jardinage ou la robotique ont ainsi fait leur apparition), de recruter les enseignants qui leur semblent les mieux adaptés, indépendamment de leurs diplômes (qui peut se plaindre qu'un compositeur reconnu devienne prof de musique ?), d'introduire les MOOC et les iPad ou au contraire de revenir à la plume et à l'encrier. On peut ainsi espérer que, par expérimentation et émulation, les principes les plus efficaces soient progressivement plébiscités, tout en préservant la diversité de l'offre éducative. (...)"

Ces établissements ont une obligation absolue : n’effectuer aucune sélection à l’entrée. Les écoles publiques ont eu la possibilité de faire le même choix, et le nombre d'écoles publiques qui ont choisi de se convertir en unité indépendante - que les anglais appellent academy - est extraordinaire : 50 % des établissements secondaires et une école primaire sur cinq, soit près de 4 500 établissements ! Une révolution qui concerne quelque 3 millions d’élèves...

L'auteur de l'article clame que "(...) Comme l'ont montré plusieurs études, publiées par l'Institute of Education ou Public Exchange, elles se sont développées avant tout dans les quartiers les plus populaires et produisent des effets positifs sur l'ensemble des écoles adjacentes." Je reste dubitatif. Je ne doute pas une seconde que certaines de ces Free Schools sont des entités scolaires remarquables, mais j'ai pour ma part trouvé dans les compte-rendus anglais plus d'interrogations qu'autre chose. Il faudra encore cinq à dix ans pour espérer tirer un bilan honnête. Le temps de l'école - combien de fois cela a-t-il été dit ! - est un temps long, ce n'est qu'à moyen terme qu'on peut espérer des échos positifs ou négatifs. Les anglais auront au moins eu le culot d'essayer.

On peut simplement se pencher sur les réformes scandinaves. Notre système français est notoirement déresponsabilisant. Pourquoi diable continuer à lutter contre l'adversité quand on ne nous en donne ni les moyens, ni la récompense? Il m'est moi-même arrivé de dire "J'arrête, je ne serai pas payé moins cher." devant les obstacles posés sur ma route pour aider un enfant en difficulté : nombre d'élèves, regard institutionnel hostile, temps, énergie, formation... C'est humain. Et malheureusement très logique dans une organisation aussi pyramidale et sclérosée que la nôtre.

Beaucoup d'autres pays ont fait le choix de l'autonomie de leurs "établissements scolaires". Et si je mets des guillemets c'est bien parce que je ne m'arrête pas à ceux qui en ont officiellement en France la dénomination, soit le collège et le lycée. Encore eux-mêmes ne sont-ils autonomes que superficiellement : leurs choix sont limités, leur autonomie pédagogique reste à construire avec des chefs d'établissement pour certains éloignés du réel et du collectif, etc.

Nous ne devons pas nier l'élan qui bouscule notre vieux pays. Un sondage IFOP récent le rappelait:

* 78 % des Français interrogés se prononcent en faveur d’une plus grande autonomie laissée aux enseignants dans le suivi du programme et leur projet pédagogique;
* 71 % des Français interrogés sont favorables à ce que pouvoir soit donné aux chefs d’établissements de recruter leurs équipes enseignantes.

Les français ont soif de liberté et d'autonomie. Ils veulent avoir le choix de leur avenir, et surtout que leurs enfants aient de meilleures chances qu'eux. Ils veulent remettre en marche un ascenseur social qui a été détruit il y a quarante ans. Il est logique qu'ils fassent plus confiance aux enseignants et aux écoles qu'en un État dont ils ne voient depuis si longtemps que les faillites.... et hélas la corruption. Moi aussi je ressens la même pépie: pouvoir travailler au plus près des besoins des élèves de mon école, pouvoir assister chacun au mieux de ses besoins, les accompagner tous sur la route difficile qu'ils empruntent, sans devoir m'en justifier ni quémander ni paperasser...

Du coup moi je "roule pour le MEDEF".

Je deviens soudain un ennemi de classe. Le MEDEF a récemment fait des propositions pour l'enseignement. Je ne dirai rien de ce qui concerne le secondaire, car en toute honnêteté je ne m'y connais pas assez. Je ne voudrais pas non plus faire de procès d'intention, mais je ne doute pas une seconde que mes lecteurs y suppléeront. En revanche, j'agrée totalement et sans aucune retenue à ce qui est préconisé pour le primaire:

Donner des moyens supplémentaires à l’école primaire autour de trois axes :

Confiance envers les enseignants et autonomie des écoles : 
  • accompagner et soutenir les enseignants du primaire (formation, moyens, etc.) et autonomie de décision et d’organisation aux écoles;
  • Innovations : permettre et financer les innovations, qu’elles soient pédagogiques, organisationnelles, techniques;
  • Personnalisation : mettre l’enfant au centre des démarches et adapter les enseignements à sa situation propre.

Que voudriez-vous que j'ajoute à une telle feuille de route ? Tout le monde a beau brailler depuis des années l'importance du primaire, maternelle ou élémentaire, rien ne se passe sinon des mesurettes vite oubliées ou des "grandes réformes" absolument pas concertées ni efficaces, quand elles sont appliquées. La réforme des rythmes scolaires de Vincent Peillon restera dans les annales comme le prototype de la réforme imbécile. Les bons sentiments font les pavés de l'enfer... Allons, je vais être totalement sincère, cette réforme aura au moins eu le mérite de faire travailler ensemble, dans la plupart des communes, des enseignants et des municipalités qui parfois s'ignoraient, parce qu'il fallait bien le créer, ce PEDT. Un comble d'ailleurs, quand on sait à quel point l'intérêt de l'école et celui des élus est le même. Un comble aussi quand on veut bien se rappeler que nos écoles françaises sont des écoles communales. Mais Monsieur le Maire, pour le Directeur d'école, a souvent été "l'ennemi" au même titre il y a un siècle que Monsieur le curé. Certains en sont restés là, qu'ils s'y endorment avec leurs certitudes d'un autre âge.

Pourtant je ne veux - et je ne suis pas seul - que pouvoir travailler dans la sérénité, sans qu'une quelconque épée de Damoclès soit suspendue au-dessus de ma tête. Que connait mon administration des besoins de mes élèves ?

L'autonomie des écoles françaises reste un modèle à construire, loin des vieilles peurs ou des velléités extrémistes. La nécessité est réelle d'objectifs et de contrôle - le mot "évaluation" m'insupporte - car comme je l'ai déjà écrit l'autonomie n'est pas l'indépendance. Le besoin de faire évoluer la notion "d'équipe pédagogique" aussi est une nécessité, on ne peut concevoir un établissement autonome sans que chacun de ceux qui y travaillent élabore et participe au projet commun. Qui voudrait d'une gouvernance incompétente et aveugle ? Comme le dit le chef de tribu dans "La forêt d'émeraude" de John Boorman : "Si moi chef j'exige d'un homme qu'il fasse ce qu'il ne veut pas faire, alors je ne suis plus le chef !".

Mais nous ne pouvons plus désormais nous contenter d'un strict minimum syndical... L'avenir des enfants qui nous sont confiés est trop important pour en faire un enjeu personnel ou politique.

samedi 20 mai 2017

La classe exceptionnelle des PE, la simulation...

Le texte encadrant la Classe exceptionnelle étant paru récemment, il me semble opportun de rappeler ce que pourraient donner les promotions dès cette année. Effectivement il appartiendra aux Recteurs de faire appliquer le texte lorsqu'il auront reçu quelques précisions supplémentaires dont les chiffres exacts du nombre de promotions possibles. Je suppose qu'en ce qui concerne les PE ce seront les DASEN qui s'y colleront. Techniquement, ces promotions devaient être décidées en fin d'année civile 2017, soit au premier trimestre de la prochaine année scolaire, avec effet rétroactif au 1er septembre 2017. Et n'oublions pas que la liste des promouvables sera soumise à une commission paritaire (les erreurs sont toujours possibles).

Qui cela concerne-t-il ? Voici le texte :

Peuvent être promus au grade de professeur des écoles de classe exceptionnelle, au choix, par voie d'inscription (...), les professeurs des écoles qui (...) ont atteint au moins le 3e échelon de la hors-classe et justifient de 8 années de fonctions accomplies dans des conditions d'exercice difficiles ou sur des fonctions particulières (...).

(...) le nombre de promotions au grade de professeur des écoles de classe exceptionnelle est contingenté dans la limite d'un pourcentage appliqué à l'effectif du corps des professeurs des écoles considérés au 31 août de l'année au titre de laquelle sont prononcées les promotions.

(...) Dans la limite de 20 % du nombre des promotions annuelles (...) peuvent également être promus (...), par voie d'inscription au tableau annuel d'avancement, les professeurs des écoles qui, ayant atteint au moins le 6e échelon de la hors-classe, ont fait preuve d'une valeur professionnelle exceptionnelle au regard de l'ensemble de leur carrière.

Nous avons donc 20% de promouvables au titre d'une "valeur professionnelle exceptionnelle" et 80% au titre des fonctions, dont celle de Directeur d'école.

Il est absolument nécessaire de rappeler qu'il sera nécessaire de postuler! Ce sera un arrêté du ministre qui nous en donnera les modalités.

Combien feront partie des élus ? Malheureusement nous n'avons pas les chiffres pour 2017, la DEPP ne les a pas encore fournis. Le nombre total des PE conditionne par exemple le nombre de promus, puisque le pourcentage de promus pour 2017 a été fixé à 1,43 % du total du corps des PE. Je suis donc contraint de vous fournir une simulation avec les chiffres de 2016 qui ont d'ailleurs servi aux discussions du PPCR avec les syndicats. La voici, et vous pouvez cliquer dessus pour l'agrandir :


Comme vous le constatez, ce ne sont pas moins de 4000 PE qui seront promus au titre des fonctions, soit tout de même 25 % des promouvables, et près de 1000 au titre du parcours soit 80 % des éligibles, donc en tout près de 5000 PE qui quitteront la hors-classe pour la classe exceptionnelle. Je trouve ce chiffre assez remarquable.

Bien entendu les chiffres réels de 2017 ne seront pas les mêmes, mais l'ordre d'idée devrait être similaire.

jeudi 18 mai 2017

Souhaits de bienvenue et PDMQDC...

Le GDiD l'ayant fait ce matin, je ne peux me soustraire à une obligation somme toute agréable, celle de souhaiter la bienvenue à notre nouveau ministre. Je lui ferai d'emblée un compliment, et aussi un reproche.

Tout d'abord nous avons pour une fois - enfin ! - la chance de voir nommé à ce poste important un vrai connaisseur de l'école, qui fut Directeur adjoint du cabinet de Gilles de Robien, recteur, Dgesco sous Chatel. C'est assez exceptionnel de voir à la tête de ce ministère quelqu'un qui en connait les soubassements, les caves et les greniers, comme aussi les défauts de structure. Je me joins au GDiD dans l'espoir de voir prochainement aboutir d'une façon ou d'une autre le dossier des Directeurs d'école.

Mais je peux aussi reprocher à M. Blanquer d'avoir été Directeur de cabinet, recteur, Dgesco... On ne peut pas dire ni écrire qu'il nous ait laissé le meilleur souvenir de ses passages. La fâcheuse période Sarkozy a laissé dans ma mémoire quelques épisodes nauséabonds qui nous ont marqués au fer rouge. Il va falloir à notre ministre un joli talent pour nous convaincre aujourd'hui de sa bonne volonté comme de sa bonne foi. Si j'ajoute une certaine manie "évaluationniste" (et pan dans ton "pédagogisme") chronophage, énergivore, dispendieuse et surtout parfaitement inutile, qu'on veut nous faire passer comme une avancée scientifique majeure, je trouve hélas d'emblée le portrait peu flatteur.

D'autant que les prémices de sa nomination n'augurent pas forcément un avenir radieux. Tiens, ne serait-ce que si je prends le dispositif "Plus de maîtres que de classes." qui a peine débuté devrait se voir éradiqué pour mettre en place l'idée idiote de dédoubler les classes de CP et CE1 dans "les secteurs difficiles" (cet aphorisme me fait toujours rigoler). Il serait séant d'expliquer à Messieurs Macron et Blanquer que si effectivement travailler avec un nombre restreint d'enfants en lecture et en maths est un bienfait, cela n'a pas en revanche beaucoup de sens pour le reste du temps scolaire... Allez faire de l'EPS avec douze gosses, tiens, ce sera certainement passionnant. Une bonne sieste, peut-être... Il serait infiniment plus profitable à l'école d'en laisser les Directeurs gérer un dispositif PDMQDC renforcé, qui pourrait utilement profiter aux élèves d'autres niveaux, et ne dédoubler les classes qu'à certains moments judicieusement choisis par le compétent Directeur d'école.

Ceci d'ailleurs apporte de l'eau à mon moulin: il serait temps que ce ministère et que l’État laisse des Directeurs d'école reconnus gérer ce genre de chose à leur place, sans injonction superflue ni contrôle institutionnel castrateur. Pour cela, bien entendu, il faut de vrais Directeurs chefs de leur établissement, libres d'en répartir au plus grand bénéfice de leurs élèves les moyens adaptés aux conditions territoriales qu'ils connaissent, avec un pilotage administratif léger. Oui, c'est mon laïus habituel, mais c'est pour ça que j'écris ici!

Bref, Monsieur le Ministre, soyez le bienvenu. Mais croyez bien que même si nous avons un certain espoir nous serons pour le moins tout de même attentifs. Car nous avons trop subi pour oublier si facilement...

vendredi 12 mai 2017

Emmanuel Macron, fruit de l'internet ?

Je vais pour une fois sortir de mon laïus habituel sur les Directeurs d'école pour partager avec vous une interrogation qui m'est venue: l'élection d'Emmanuel Macron à la magistrature suprême de notre pays n'est-elle pas le fruit de l'internet?

Nos politiciens habituels sont dépassés par les évènements, et ne comprennent pas ce qui s'est passé. Les médias non plus d'ailleurs. On évoque le rejet des vieilles habitudes, le dégoût de la corruption... mais personne n'évoque le fait que pour la première fois dans notre histoire une élection majeure s'est déroulée sur le réseau.

Nos élus et gouvernants ont tous élaboré leur cursus politique d'une façon simple et fort traditionnelle: grandes écoles qui permettent de se constituer un premier réseau de connaissance et d'influence, emplois subalternes auprès d'anciens chevronnés qui à leur tour introduisent les impétrants dans une nuée de nouvelles relations, etc. Ce système millénaire n'a jamais pu que constituer une caste réduite d'hommes - et quelques femmes - dont le destin était de prendre un jour les rênes du pouvoir.

Emmanuel Macron a suivi ce même cursus. Mais sa jeunesse lui a également permis de prendre à bras-le-corps tout ce que la technique nous a offert ces dernières années comme outils extraordinaires de communication, pour mobiliser à travers tout le pays une armée de petites mains convaincues qu'il est aujourd'hui facile de briefer et d'informer en temps réel. Tout a été mis à contribution: courrier électronique, réseaux sociaux, téléphonie, SMS... de manière totalement maîtrisée.

Il est de même aujourd'hui aisé pour un citoyen lambda de comparer programmes, discours, de regarder la prestation de l'un sur Youtube, les bourdes d'un autre ailleurs, et d'en discuter avec autrui. Parfois sans bienveillance, car les approximations et les mensonges qui autrefois passaient comme une lettre à la poste sont aujourd'hui scrutés, dénoncés, vilipendés. Avec vigueur voire avec colère. La vitesse à laquelle les histoires d'emploi parlementaire fictif et de costume à six mille euros se sont propagées en sont un bon exemple.

Je crois que c'est une démarche différente et nouvelle dont les "ténors" plus âgés de gauche comme de droite n'ont pas su comprendre l'importance, sauf peut-être Jean-Luc Mélenchon qui lui doit à mon sens une bonne partie de son électorat. Nous observons certainement une extinction massive de dinosaures politiques, et l'apparition d'une nouvelle espèce dominante: l'homo communicatus.

L'élection d'Emmanuel Macron comme Président de la République est-elle donc un premier fruit de l'internet? Je le pense. Comme je pense que l'âge de l'intelligence artificielle dans lequel nous sommes récemment entrés n'a pas fini de changer notre perception du monde comme notre façon de vivre.

jeudi 11 mai 2017

Supputations...

Le dirlo s'est bousillé un genou, du coup il est devant son écran au lieu d'être à la piscine avec ses élèves... Bon, ce sont des choses qui arrivent, mais cela fait bizarre, moi qui n'ai pas été absent depuis des années. Ceci écrit, je n'ai jamais pensé que j'étais indispensable, loi de là. Et l'école tourne très bien sans ma présence.

Du coup je faisais ce matin la tournée des Grands Ducs : journaux, magazines, sites web, blogs, Facebook, Twitter... Quel carnaval! A peine sommes-nous - enfin - libérés des agressions, exagérations, aberrations ou "fake news" en tous genres liées aux élections présidentielles que ça suppute à-tout-va sur ce que va faire notre nouveau Président de la République. Bien sûr il avait un programme, une plateforme électorale sur laquelle il a appuyé ses discours et ses réunions publiques, bien sûr il n'a pas changé ses propos d'un iota ni fait non plus de promesse inopinée désastreuse ou idiote (et pour le coup là c'est bien la première fois que je vois ça depuis quarante ans que je vote!), mais néanmoins je rappelle que M. Macron parait avoir fait de la consultation d'autrui son leitmotiv, et qu'il semble vouloir en tirer profit. Nous verrons.

Dans le domaine éducatif, il a des idées qui font jaser. Où va-t-il trouver les milliers d'enseignants nécessaires pour dédoubler les classes de CP et CE1 en REP? Va-t-il les prendre dans le vivier des PDMQDC (Plus De Maîtres Que De Classes) ? Pourquoi alléger les rythmes scolaires, ce n'est pas bien (après avoir braillé depuis des années contre, mais les enseignants ne sont pas à une contradiction près...) ! Etc.

Je rappelle que le premier travail d'un nouveau Président est de nommer un Premier ministre, qui lui-même constitue un gouvernement qui comprend - ô surprise! - un Ministre de l’Éducation nationale. Et que c'est le Ministre qui en accord avec ses chefs définit la politique éducative. Alors à quoi sert-il de supputer, sinon pour faire "du papier", ce que font avec allégresse les médias qui tous à longueur de journée nous racontent les mêmes âneries. Ne pouvons-nous patienter? D'autant que petit-fils d'instit, mari de prof, le Président de la République aura certainement à cœur dans ce domaine de ne pas refaire les erreurs d'un système de gouvernance qu'il a connu et dont il a eu le temps de contempler les velléités malheureuses, en commençant par celles de Vincent Peillon qui avait des idées et ne voulait pas en démordre.

En revanche apparait le terme "autonomie" pour évoquer l'école... Oh, c'est timide, c'est peu explicite. Mais cela réjouit le vieux militant que je suis de l'autonomie de l'école primaire dans ses choix et ses projets. Nous allons peut-être avancer, n'en déplaise aux conservateurs invétérés des syndicats meurtris par la disparition d'une insoumission qui m'aura beaucoup fait rire. Et puis cette autonomie, qui fait pour moi partie d'une reconnaissance du singulier métier de Directeur d'école, fait suite à la création effective de la classe exceptionnelle, dernier acte - avec le changement de l'évaluation des enseignants - de Mme Vallaud-Belkacem que décidément je regretterai quand même.


J'espère grandement que le GDiD va prendre le taureau par les cornes. Je sais que l'association a connu quelques difficultés ces deux dernières années (soucis familiaux, charge de travail accrue, pour ses membres qui tous sont sont bénévoles), mais il est résolument nécessaire de profiter de l'opportunité qui nous est offerte. Je leur fais confiance pour ne pas louper le coche.

lundi 8 mai 2017

La classe exceptionnelle est arrivée !

C'est comme le beaujolais nouveau, mais au printemps... J'avoue qu'avec ces satanées élections présidentielles et son cortège d'insultes venant des extrêmes (ce que j'ai pu me faire dire, c'est pas croyable!), j'avais laissé passer l'info, et c'est le GDiD qui nous en informe ce matin. Ils sont réactifs en ce moment...

La classe exceptionnelle est donc actée, j'étais mauvaise langue moi qui me demandais pas plus tard que samedi si le décret allait ou non être signé rapidement. Finalement il l'a été au dernier carat, soit le 5 mai pour paraître au Journal Officiel le 7. Mais il l'a été, notre ministre et le gouvernement partant ont tenu leur parole, je salue sans ironie le dernier coup d'archet de Mme Vallaud-Belkacem.

Maintenant deux - mauvaises - nouvelles:

1) le ministère malgré la profusion de corps intermédiaires et de fonctionnaires hébétés qui le gèrent, est incapable de dresser une liste des personnels concernés par la mesure; il faudra donc faire acte de candidature si on rentre dans les critères énoncés... et la liste des fonctions concernées! Autant dire qu'il ne faudra pas louper le coche, je vous tiendrai au courant...

2) tous les Directeurs et Directrices d'école hélas ne sont pas concernés; nous le savions évidemment, mais quand même... Les huit années d'exercice de ce métier si bizarre qui sont réclamées pour l'accès à la CE, comme la nécessité d'être à la hors-classe, limitent sérieusement les possibilités. Mais ce pis-aller devrait quand même permettre aux plus âgés d'entre nous d'y accéder en priorité, avant que le vivier s'épuise faute de combattants fatigués. On peut imaginer qu'à terme les conditions d'accès soient élargies, dans quelques années. Mais en attendant...

... il reste du boulot pour une reconnaissance pleine et entière de TOUS les Directeurs d'école.

samedi 6 mai 2017

Le Changement, c'est maintenant...

A la veille de connaître le nom de mon 18ème ministre depuis mon entrée dans le métier (oui, quand même, je me sens un peu vieux, là), ainsi que celui d'un éventuel ministre de la Fonction publique, je ressens le besoin de faire le point. Nous ne savons pas vraiment ce qui va nous tomber dessus, les préoccupations politiciennes ayant pris le pas sur les projets de toute manière absurdes ou inapplicables de ceux qui furent candidats à cette élection présidentielle. Chez nos actuels gouvernants clairement depuis quelques mois un attentisme désabusé semble la règle. Il faut dire que la prévisible déculottée du parti au pouvoir ne pouvait pas soulever leur enthousiasme, et que notre actuelle ministre dont je pense beaucoup de bien va payer cher sa fidélité à sa parole. Dommage, j'aurais bien aimé pour une fois ne pas changer et assurer la continuité de la politique éducative actuelle... C'est un avis personnel, bien entendu, que vous êtes parfaitement libres de ne pas partager.

Ce qui semble se profiler à l'horizon aurait plutôt tendance à me rassurer, dans le sens où j'imagine difficilement notre président putatif faire feu de tout bois pour foutre en l'air ce que nous avons à peine eu le temps de débuter de nos nouveaux programmes, carnets de suivi et livrets, etc. Il y a peu de risque que je fasse imposer godillots, blouse grise et férule...

Néanmoins je ne suis pas enthousiaste. Si je vois plutôt les choses du bon côté en tant qu'enseignant, le Directeur d'école en revanche se sent comme sœur Anne et ne voit pas venir grand chose à part la route qui poudroie et l'herbe qui verdoie. Mais je suis optimiste, pour deux raisons:

1) le travail ininterrompu et régulier du GDiD depuis quinze ans a finalement payé. Aujourd'hui plus personne ne nie la nécessité de rénover la gouvernance des écoles, sauf peut-être quelques ultimes réfractaires dans les rangs des syndicats qui attendent toujours "le grand soir" (il faudra leur expliquer un jour que Lev Davidovitch Bronstein est mort depuis 75 ans). Syndicats réformistes et politiques de tous bords sont désormais conscients que le système de pilotage des écoles est devenu inopérant malgré la bonne volonté des personnels qui en ont la charge - et le mot "charge" est exactement le terme qui convient -.

2) la création de la "classe exceptionnelle" qui traîne un peu - promise pour avril, puis mai, et juin aux dernières nouvelles qui me sont parvenues aux oreilles - pourra difficilement être remise en cause, car elle procède de longues discussions avec les grandes centrales syndicales qui toutes aujourd'hui l'ont actée. Les accords PPCR dans la Fonction publique ont été un remarquable travail de longue haleine et ne seront pas renégociés. Même si cette "classe exceptionnelle" ne concernera que peu d'élus au cours de sa première année d'existence, je rappelle qu'elle a été inventée pour reconnaître l'investissement de plusieurs métiers particuliers de l’Éducation nationale dont prioritairement les Directrices et Directeurs d'école. Bien sûr ce n'est pas la panacée, mais c'est une preuve de bonne volonté...

Notre éventuel statut, je l'ai déjà écrit ici, ne pourra passer que par une redéfinition de celui de l'école. La création d'établissements du premier degré amènera celle d'un statut pour les Directeurs. C'est d'ailleurs aussi ce que pensent les deux alliés syndicaux du GDiD, soit le SE-Unsa et le SGEN-Cfdt. La "refondation" dont Vincent Peillon nous a rebattu les oreilles sera à ce moment-là vraiment effective.

Dans cette optique syndicale, le SE reste pour l'instant en retrait. Christian Chevalier a quitté ses fonctions après huit ans d'investissement et de discussions franches avec le GDiD, je suppose qu'il faut aux nouveaux dirigeants le temps de reprendre les rênes, et la période y est peu propice.

En revanche le SGEN a pris le taureau par les cornes, et investit avec vigueur le terrain de la rénovation de la gouvernance des écoles: ici, et puis , et puis... Je les en remercie, c'est l'heure de pousser à la roue. Car il est clair à mes yeux que si le GDiD doit continuer son travail de lobbying et faire connaître nos positions, c'est désormais sur le plan syndical, face à face avec nos prochains gouvernants, que les choses vont se jouer. Si nous devons obtenir un statut de Directeur d'école, c'est maintenant.

Et j'y crois.

lundi 1 mai 2017

Le GDiD change d'adresse !

Il se passe des choses en ce moment au GDiD. Ménage de printemps ou autre, toujours est-il que les adresses de l'association ont changé. Désormais vous trouverez la page Facebook ici, et puis un nouveau blog fait son apparition que vous trouverez là.

En fin de compte, j'espère que bientôt le travail du GDiD portera ses fruits. Il est clair qu'aujourd'hui ministère comme syndicats sont conscients que la gouvernance des écoles primaires pose problème, le SE comme le SGEN ou d'autres poussent à la roue pour que les choses évoluent, mais pour autant en cette période de changement majeur il serait vain, en dépit des promesses et des projets des uns ou des autres, de conjecturer notre avenir proche.

Espérons seulement que nous ne retournerons pas dans un passé illusoire, ni ne resterons dans notre fange présente.