vendredi 5 octobre 2012

C'est dans le rapport de la concertation !


Le rapport est ici, et on peut y lire à la page 49:

Une gouvernance rénovée 

La question dite de la gouvernance se pose à trois niveaux principaux : celui des écoles et des établissements, celui des académies et de ses partenaires territoriaux, celui enfin du ministère et de son administration centrale. Les participants ont déclaré leur attachement à une éducation nationale qui détermine ses principes de fonctionnement conformément aux dispositions arrêtées par le Parlement. Cette position est pleinement compatible avec un partenariat reconnu et renforcé avec les collectivités territoriales.

Au niveau des écoles et des établissements

Dans chaque établissement, une partie de la dotation doit pouvoir servir aux initiatives des équipes éducatives pour leur permettre de conduire, dans le cadre de leur autonomie, des projets adaptés aux besoins des élèves.

Pour mieux reconnaître la place des collectivités territoriales, élargir l’actuel contrat d’objectifs, passé jusque-là entre le recteur et les établissements du second degré, pour aller vers un contrat pluri-annuel d’objectifs et de moyens tripartite. Ce contrat devrait s’insérer dans un projet éducatif territorial.

Définir enfin un véritable statut des directeurs d’école et leur donner les moyens pour qu’ils puissent accomplir l’ensemble de leurs missions et devenir les interlocuteurs reconnus de leurs partenaires.

C'est moi qui ai mis le texte en rouge, bien entendu. Reste maintenant à voir ce qui va advenir. Wait and see, comme disent nos camarades d'outre-Manche.

Calendrier des opérations culinaires...


M. le Ministre Vincent Peillon a fait ses courses sur le marché de la concertation, il lui faut désormais préparer le repas de la loi d'orientation sur l’Éducation...

Quels plats M. Peillon va-t-il nous préparer? Les directeurs d'école seront-ils passés à la moulinette ou servis en sauce? C'est aujourd'hui vendredi 5 -ou encore lundi 8 octobre- que les membres du comité de pilotage de la concertation vont rendre public leur rapport. Puis c'est mardi 9 que le gérant du restaurant, Monsieur François Hollande, présentera à la Sorbonne le menu des grandes orientations en débat pour la loi.

Au vu des délais fort courts, je ne doute pas une seconde que messieurs Peillon et Hollande utiliseront surtout des victuailles qu'ils avaient déjà en stock, et que les courses qu'ils ont faites sur le marché de la concertation n'ont été destinées qu'à faire plaisir aux petits commerçants du marché, syndicats, fédérations de parents d'élèves ou pseudo-penseurs (il suffit d'ailleurs de faire un tour sur cet excellent blog pour apprécier à sa juste valeur le verbiage cache-misère de ces marchands de n'importe quoi).

Puis jeudi 11 octobre M. Vincent Peillon présidera une séance exceptionnelle du Conseil Supérieur de l’Éducation, lors de laquelle les premiers échanges auront lieu sur les orientations du menu présentées par le Président de la République.

Tout cela va vite, très vite. Il est vrai qu'en cuisine il ne fait pas bon traîner ni faire attendre le client. Encore faut-il que les produits ne soient pas avariés et mangeables, il ne suffit pas que les plats soient correctement servis. Il faut aussi que l'assiette du consommateur soit suffisamment remplie, et que le tout soit digeste. C'est à tout cela que nous saurons si la direction d'école a échoué dans une gargote ou dans un établissement de qualité. Parce que j'ai tout de même bien peur que la note soit fort salée...

jeudi 4 octobre 2012

On va se faire [***]...


Info toute fraîche: selon Catherine Gaudy, la Directrice générale des ressources humaines du ministère de l'Education nationale, le gouvernement réfléchit à un corps unique inspecteur-chef d’établissement. Cela "fait partie des hypothèses de travail" (Catherine Gaudy à #AEF)...

Je ne vous avais pas prévenu? Mais Mme Gaudy tempère: "mais ce n'est pas la seule"(hypothèse de travail). N'empêche que quand on en cause de cette façon dans l’Éducation nationale, cela signifie que les jeux sont faits... ou presque.

Pour résumer, les directeurs d'école vont se faire proprement [***]... Et les syndicats, ils sont où? Pas le SE et le SGEN, qui sont pour (protocole, le retour), mais les autres?

Deux statuts pour les directeurs d'école ?


J'ai montré dans mon billet précédent qu'il me semble difficile -pas impossible, évidemment- de donner à tous les directeurs d'école publique en France un statut de "directeur d'établissement primaire". Alors, que peut faire un gouvernement responsable?

On peut imaginer que soit créé dès maintenant un statut de "directeur d'école". Ce statut aurait pour principal mérite de reconnaître officiellement que la mission du directeur d'école constitue aujourd'hui un métier à part. Ce statut définirait clairement les droits, devoirs et responsabilités du directeur d'école vis-à-vis de la commune, des familles et de sa hiérarchie. Il définirait tout aussi clairement les limites de sa responsabilité, comme sa position au sein de l'organigramme de l’Éducation nationale. On peut imaginer que les indemnités deviendraient alors pleine partie de son traitement, traitement différencié clairement de celui d'un adjoint, et revalorisé de façon claire sans être excessive. Le régime des décharges pourrait être également amélioré, avec peut-être au minimum une journée mensuelle de décharge au-dessus d'une classe et en-dessous de quatre.

Bref, peu de changement par rapport à aujourd'hui, sauf que les limites clairement définies de la mission de direction d'école comme la reconnaissance de son travail seraient un baume pour tous.

Parallèlement les communes comme les Directions académiques seraient incitées à regrouper les écoles afin de créer des "établissements primaires". On pourrait imaginer une limite inférieure de 200 élèves, par exemple, afin de permettre à des petites communes de transformer deux écoles -une maternelle et une élémentaire, par exemple- en une seul unité de petite taille, certes, mais logique sur le plan structurel. Pour gérer un établissement primaire serait créé un statut de "directeur d'établissement primaire" similaire à celui d'un principal de collège, qui aurait à présider un conseil d’administration regroupant représentants des enseignants et des parents, et élus. Ce conseil d’administration aurait comme mission première de faciliter un "projet d'établissement" librement défini par un "conseil d'établissement" regroupant le directeur et les adjoints et souverain dans la conception du projet. Ce projet serait destiné principalement à améliorer les conditions d'apprentissage des élèves, en particulier celles des enfants en difficulté ou en échec, afin que plus aucun d'entre eux ne sorte de l'école primaire sans maîtriser le nécessaire pour l'accès à un collège dont le fonctionnement devrait être totalement revu, la réforme du collège unique ayant depuis trente cinq ans largement démontré son inefficacité. Dans ce cadre, le fonctionnement en "classes" laisserait place -enfin- à un fonctionnement en "cycles", chaque enseignant du primaire ayant un enseignement et un effectif élastiques en fonction des besoins des élèves, avec des regroupements variables et non immuables par discipline, par grands ou petits groupes... Le "directeur d'établissement" serait chargé d'en gérer le fonctionnement.

Évidemment, les programmes de l'école primaire devraient être largement élagués pour ne plus laisser place qu'à l'essentiel.

Bon, on peut imaginer beaucoup... Mais une chose est claire: les directeurs d'école ne peuvent plus rester dans leur mouise actuelle. Alors, pourquoi ne pas imaginer autre chose?

mercredi 3 octobre 2012

Pourquoi les regroupements d'écoles sont indispensables...


Afin de rester explicite quant à mon billet précédent, qui évoque le sujet, je vous ai concocté un petit tableau qui vous fera facilement comprendre pourquoi il est budgétairement indispensable d'opérer dans les années qui viennent des regroupements d'école si nous voulons que les directeurs d'école obtiennent un statut.

Effectivement, le coût d'un directeur d'école à trois classes est extrêmement élevé, alors qu'il n'est pas déchargé, par rapport à celui d'un directeur d'école à 12 ou 14 classes. Cela vous surprend? Regardez:

Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

Vous constaterez qu'un directeur d'école à trois classes coûte à l’État, si on se base sur le salaire médian d'un professeur des écoles en 2012, 35760,14€ par an. Un directeur à 12 classes, soit quatre fois plus, ne coûte que 54109,17€ ! Et un directeur à 14 classes, donc totalement déchargé, ne coûte guère que 70524,67€ par an, soit moins du double d'un directeur à trois classes alors qu'il en a plus de quatre fois plus à gérer! Un directeur à 14 classes coûte donc à l’État proportionnellement deux fois moins cher qu'un directeur à trois classes...

Il est clair dans cette optique financière que les prétentions à vouloir donner un statut à la direction d'école ne pourra se faire sans opérer, sauf exception justifiée, d'importants regroupements d'écoles. Plus de la moitié des écoles publiques françaises ont quatre classes ou moins; donner un statut à tous les directeurs d'école dans ces conditions équivaudrait à un suicide budgétaire. D'autant qu'il n'est évidemment pas question de ne pas payer à sa juste mesure un directeur d'école primaire, ou d'établissement primaire, ce qui équivaut à amener son traitement au niveau de celui des chefs d'établissement du secondaire. On comprend dès lors facilement pourquoi les centrales syndicales qui réclament un statu quo avec "des écoles à taille humaine" (sic) se foutent du monde.

Rien ne vaut un bon calcul pour être clair.

Statut des directeurs d'école, les espoirs et les dangers...


En même temps que se termine la "graaaande concertation" sur la "refondation" dont vous savez tout le mal que j'en pense, le paysage syndical s'enfonce dans le brouillard. Difficile de comprendre aujourd'hui ce que chaque centrale syndicale pense réellement du statut pourtant nécessaire des directeurs d'école, tellement les perspectives s'assombrissent. La direction d'école semble avoir été dans de nombreuses discussions de la concertation une pierre d'achoppement, car plus personne aujourd'hui ne nie l'importance des directeurs d'école dans la réalisation effective des changements qui devront être opérés à l'école primaire dans les mois ou les années qui viennent. Comment faire sans nous? Et d'autre part comment imaginer laisser perdurer la quasi-catastrophique situation actuelle, ou pire augmenter la charge des directeurs d'école? C'est ainsi que fut souvent évoquée lors de la concertation la "gouvernance" de l'école, ou encore son "pilotage", comme s'en amuse Je suis en retard dans son dernier billet.

Aujourd'hui les directeurs d'école persistent à accomplir tant bien que mal leur mission, mais les rouages grincent sérieusement. De nombreux "anciens" partent ou vont partir en retraite, et leur expérience forte du fonctionnement interne d'une école et des tensions qui s'y dégagent se révèle déjà cruellement manquer dans de nombreux cas.

Il se dégage semble-t-il pour l'avenir de l'école primaire quatre possibilités, et les grandes centrales syndicales ont des difficultés certaines pour se positionner clairement dans la perspective de l'une ou d'une autre. C'est pourquoi de jour en jour apparaissent sur les sites des syndicats des tribunes et autres articles qui jonglent avec des notions contradictoires, ou oscillent sur le fil du rasoir, sans que souvent un choix et une proposition clairs ne soient faits.

La première possibilité, c'est celle d'un total statu quo: l'école primaire reste comme elle est, et on accorde aux directeurs d'école le beurre, l'argent du beurre, et le [***] de la crémière. La position est évidemment à tous points de vue intenable, en particulier sur le plan budgétaire, c'est pourtant la position défendue par les syndicats dits "ouvriers", soit SUD, la CGT et FO.

La seconde possibilité, c'est celle que défend depuis plus de dix ans le GDID: un statut sans responsabilité hiérarchique pour les directeurs d'école (ou pour la direction d'école, ce qui revient au même). Qui dit "statut" dit forcément apparition d'un nouveau corps de fonctionnaires. Le directeur d'école serait clairement défini comme l'animateur pédagogique de l'école, responsable de son fonctionnement.

Cette option pose un problème majeur, celui du nombre de directeurs qui obtiendraient ce nouveau statut. Effectivement, plus de la moitié des écoles publiques françaises ont moins de quatre classes. Peut-on financièrement imaginer que tous les directeurs d'école du pays passeraient dans le nouveau corps? C'est ce que demande le GDID, aujourd'hui clairement rejoint par la CFTC. Mais la question financière, primordiale, est trop facilement évacuée. Aussi serait-il envisageable de favoriser dans cette optique le regroupement des écoles, qu'elles soient élémentaires ou maternelles, pour obtenir des "établissements primaires" de taille opportune, et localement bien implantés. Un tel établissement aurait certainement la faveur des communes, qui pourraient ainsi facilement contrôler l'usage des crédits qu'elles devraient lui apporter, par le biais logique d'un conseil d’administration qui regrouperait directeur statutaire, élus, représentants des familles et enseignants, comme une sorte de super conseil d'école aux pouvoirs et à la compétence élargis. Cette formule aurait également l'avantage de favoriser nettement la relation parfois mouvementée entre la maternelle et l'élémentaire.

La troisième possibilité serait celle d'un statut de directeur avec des responsabilités hiérarchiques au sein de l'école. Cette option n'a la faveur d'aucune centrale syndicale, elle est même par la plupart d'entre elles farouchement combattue au nom d'idéologies surannées qui professent un "Ni Dieu ni Maître" pourtant inapproprié à la situation. J'y verrais pour ma part, outre les avantages déjà cumulés de la seconde proposition, celui supplémentaire de pouvoir supprimer l'échelon intermédiaire des Inspecteurs de l’Éducation Nationale (IEN), dont la responsabilité hiérarchique ne leur est accordée que par délégation -le véritable supérieur des enseignants étant le Directeur Académique des Services (DASEN)-. Ces IEN, je l'ai déjà plusieurs fois exprimé sur d'autres billets, sont souvent tentés d'abuser de leur fonction, et sont en général trop éloignés des réalités du terrain pour avoir un réel impact sur le fonctionnement des écoles. Supprimer les IEN dont la mission est en faillite serait à mon sens une vraie opportunité.

La quatrième possibilité, celle qui se dégage des propos récents de M. Peillon, est de créer des "écoles du socle". Sous cette terminologie étrange se cache l'idée de donner la responsabilité des écoles aux collèges de secteur.  J'utilise volontairement le verbe "se cache", car jamais dans aucun discours personne ne dit clairement que la disparition des directeurs d'école en est le corollaire. Bien sûr, en même temps que la direction d'école, disparaîtrait également la dimension locale du fonctionnement des écoles. Je ne suis donc pas certain que les communes françaises, souvent attachées à leur école dont les enseignants sont dans de nombreuses communes les derniers représentants de l’État, seront favorables à une telle proposition. Encore faudrait-il qu'elles aient voix au chapitre!

Qu'implique l' "école du socle"? Pour M. Peillon, ministre de l’Éducation Nationale, il s'agit de se débarrasser de cette question primordiale de la "gouvernance" des écoles en supprimant les directeurs d'école qui deviendraient des "coordinateurs" des écoles primaires. Au passage, cela lui permettrait également d'y casser le monopole historique du syndicat SNUipp. Sous couvert de favoriser la liaison primaire/collège (ne vous méprenez pas, ce n'est qu'un prétexte), le principal du collège de secteur deviendrait le responsable administratif des écoles, ainsi que le responsable des projets des écoles, ce qui lui donnerait la haute main sur les crédits afférents... et forcément aussi sur les méthodes d'enseignement des professeurs des écoles qui ne seraient plus maîtres de leurs projets! Le gâteau est appétissant pour les principaux de collège, qui se précipitent tous tête baissée dans la crème qui leur est offerte sur un plateau. C'est aussi pourquoi ce projet est aujourd'hui activement soutenu par le SE-UNSA et le SGEN-CFDT, qui lorgnent sur les professeurs syndiqués du collège et aimeraient bien croquer une part des effectifs des syndicats du secondaire.

Et justement, dans cette optique, qu'en est-il du SNUipp, grande centrale syndicale historique du primaire? Le SNUipp est issu du défunt SNI, et reste un syndicat attaché au écoles communales. Je pense que jamais le SNUipp n'accepterait de lui-même la collégialisation des écoles primaires. Mais le SNUipp est partie prenante de la FSU, qui couve en son sein le puissant SNES. Le SNES, grand syndicat du secondaire, croquerait bien le SNUipp dans le cadre de la rénovation de la représentation syndicale en France, qui est il faut le dire en très mauvaise santé. Alors le SNUipp hésite, et semble vouloir pour l'instant faire de la balançoire: comment défendre l'école primaire et combattre "l'école du socle" sans se rapprocher du GDID dont le SNUipp dit pis que pendre depuis des lustres? Actuellement la centrale syndicale tergiverse, fait deux pas en avant, un pas en arrière, nous explique que la direction d'école est aujourd'hui un métier à part (ce qu'ils ont nié pendant toutes ces dernières années), cherche des formules incantatoires obscures qui disent "oui au statut pour la direction d'école" tout en clamant "non au statut pour les directeurs d'école", ce qui ne veut pas dire grand-chose. Il va falloir que le SNUipp fasse dans les jours qui viennent un choix clair pour sa propre survie, au sein ou non de la FSU, et se prononce enfin clairement pour un statut spécifique pour les directeurs d'école. Certes, cela sera certainement un renoncement, mais un renoncement courageux et nécessaire, et les directeurs d'école auront alors à leurs côtés un allié de poids -après avoir eu pendant des années un farouche adversaire- face à ceux qui veulent faire disparaître l'école primaire française que nous aimons et qui au-delà des clivages politiques ou syndicaux nous réunit souvent autour d'une même table.

mardi 2 octobre 2012

La carpe statutaire et le lapin à cloche-pied...


Le SNUipp, syndicat d'enseignants du primaire, vient de nous pondre un texte étrange sur la direction d'école, une logorrhée à la dialectique torturée comme seuls savent en faire des syndicalistes qui ne savent plus trop sur quel pied danser. Il faut dire à leur décharge qu'à force de refuser catégoriquement de considérer les directeurs d'école comme des interlocuteurs valables, le SNUipp se trouve maintenant dans une position isolée et très inconfortable face au consensus qui se dégage aujourd'hui quant à la nécessité de ne plus laisser les directeurs d'école dans la situation dans laquelle ils se noient depuis plus de dix ans. Nous assistons du coup à une sorte de pas-de-deux, deux pas en avant et un pas en arrière, dans ce texte à la conclusion plus qu'étrange et qui laisse perplexe. Mais peut-être suis-je trop bête pour comprendre quelque chose à la logique post-communiste...

Pour résumer, le SNUipp ne veut pas d'un statut pour les directeurs d'école. La solution? Je cite:

Entrer par le travail réel, explicite et implicite.

Wouaaah, j'avoue que cette phrase là il fallait la trouver! Et j'aimerais énormément qu'on me montre un travail irréel, j'en serais certainement béat de stupéfaction. Mais continuons:

Le SNUipp propose un changement radical de focale. Il faut entrer par le travail réel actuellement demandé au directeur d’école, l’explicite comme l’implicite. C’est lui qui doit avoir un statut particulier, lui qui doit être reconnu pour être bien réalisé et non empêché.

Et plus loin:

Il est temps de reconnaitre que ce travail complexe et à géométrie variable est une fonction spécifique, ce qui demande une formation spécifique, des conditions de travail adaptées, et une rémunération remise à niveau.

J'avoue en perdre mon latin: pour le SNUipp, la fonction de directeur d'école doit avoir un statut particulier parce que c'est une fonction spécifique. Le GDID ne dit pas autre chose lorsqu'il explique depuis des années que la direction d'école est un métier particulier. Mais je ne comprends pas comment on pourrait donner un statut particulier à une fonction sans donner de statut particulier à ceux qui l'exercent... Un mariage de carpe et de lapin? D'ailleurs, le SNUipp termine sa diatribe par ces mots:

Entre le statu quo intenable et le statut fourre-tout, un autre chemin ?

C'est bien ça: la route est droite et bien balisée, il y a un ravin de chaque côté, et le SNUipp nous propose de parcourir le chemin à cloche-pied. Difficile de faire plus tordu pour tenter de retrouver une légitimité perdue en raison de l'obstination depuis des lustres des dirigeants de cette centrale syndicale à refuser aux directeurs d'école leur juste droit de revendiquer autre chose que les clopinettes qui leur sont octroyées. Je m'attends à lire au sujet des directeurs d'école, dans les semaines qui viennent, d'autres superbes créations dignes de l'Oulipo. Ce sera toujours un plaisir.